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Reconnaissance de dette non remboursée : quel recours ?

août 6, 2026

Prêter de l’argent à un proche, un ami ou un associé en se protégeant par une reconnaissance de dette est une précaution courante. Mais que faire lorsque l’échéance passe et que le débiteur ne rembourse pas ? Entre la mise en demeure amiable et l’exécution forcée, plusieurs étapes s’imposent pour faire valoir ses droits efficacement.

Reconnaissance de dette non remboursée : de quoi parle-t-on ?

La reconnaissance de dette est un acte par lequel une personne s’engage à rembourser une somme d’argent à une autre, à une échéance déterminée ou déterminable. Régie par l’article 1376 du Code civil, elle constitue une preuve écrite de l’engagement, mais elle n’entraîne pas d’exécution automatique.

Concrètement, l’existence d’une reconnaissance de dette signée ne suffit pas à récupérer l’argent dû. Sans paiement spontané du débiteur, le créancier doit engager une démarche, amiable puis le cas échéant judiciaire, pour obtenir le remboursement.

Si vous n’avez pas encore rédigé l’acte, notre article dédié détaille les mentions obligatoires à respecter pour qu’il conserve toute sa valeur probatoire en cas de litige.

Première étape : la mise en demeure

Avant toute action judiciaire, il est indispensable d’adresser au débiteur une mise en demeure de payer, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier doit rappeler le montant dû, la date d’échéance convenue et fixer un délai raisonnable pour régulariser la situation.

Cette étape n’est pas une simple formalité : elle fait courir les intérêts moratoires (article 1231-6 du Code civil) et constitue souvent un préalable exigé par le juge pour certaines procédures, notamment l’injonction de payer. Elle permet également, dans un certain nombre de cas, un règlement rapide sans frais de procédure, le débiteur préférant régulariser plutôt que s’exposer à un contentieux.

Le délai de prescription à surveiller

Le créancier dispose d’un délai de 5 ans à compter de l’exigibilité de la dette pour agir, conformément à l’article 2224 du Code civil relatif à la prescription de droit commun. Passé ce délai, l’action en remboursement n’est en principe plus recevable, sauf cause de suspension ou d’interruption (reconnaissance du débiteur, action en justice, mesure d’exécution).

Il est donc essentiel de ne pas laisser la situation s’enliser : plus la mise en demeure et l’action judiciaire interviennent tardivement, plus le risque de prescription s’accroît, sans compter les difficultés pratiques à retrouver un débiteur ou des actifs saisissables.

Si la mise en demeure reste sans effet : quelle procédure engager ?

Lorsque le débiteur ne réagit pas à la mise en demeure, plusieurs procédures sont envisageables. Le choix de la plus adaptée ne s’improvise pas : il dépend d’une analyse fine du dossier.

Trois procédures potentielles

L’injonction de payer, régie par les articles 1405 et suivants du Code de procédure civile, est une procédure simplifiée et peu coûteuse, sans audience, adaptée aux créances certaines, liquides et exigibles. Le juge statue sur requête ; en l’absence d’opposition du débiteur dans le délai d’un mois suivant la signification, l’ordonnance devient exécutoire.

Le référé provision, sur le fondement de l’article 835 du Code de procédure civile, permet d’obtenir rapidement une décision condamnant le débiteur à verser une provision, dès lors que l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Cette procédure suppose une audience, mais reste nettement plus rapide qu’un procès au fond.

L’assignation au fond ouvre une procédure contradictoire complète devant le tribunal, permettant de débattre pleinement des éléments de preuve et d’obtenir un jugement condamnant le débiteur au paiement. Elle est plus longue, mais s’impose dès qu’un débat sérieux est à prévoir.

Le choix de la procédure repose sur l’analyse du dossier

Aucune de ces trois voies n’est adaptée par défaut : le choix dépend avant tout de la solidité et de la valeur probante de la reconnaissance de dette elle-même. C’est précisément pour cette raison qu’il est recommandé de faire rédiger l’acte, en amont, par un professionnel expérimenté : une reconnaissance de dette bien construite dès l’origine limite considérablement les difficultés de preuve et facilite le choix d’une procédure rapide le moment venu.

Plusieurs éléments doivent être examinés avant d’engager la procédure :

  • la présence et la conformité des mentions manuscrites du montant (en chiffres et en lettres)
  • la qualité des pièces d’identité jointes ou vérifiées lors de la signature
  • l’existence d’attestations de témoins ayant assisté à la remise des fonds ou à la signature
  • les preuves de versement (virement, remise de chèque, retrait correspondant)
  • la concordance des signatures du débiteur entre plusieurs documents
  • l’existence d’échanges annexes confirmant la dette (emails, SMS, courriers) susceptibles de renforcer ou de suppléer l’acte

C’est cette analyse d’ensemble qui permet à l’avocat de déterminer si le dossier relève d’une procédure rapide, comme l’injonction de payer ou le référé, ou s’il nécessite d’emblée une assignation au fond, notamment lorsque la valeur probante de l’acte est fragile ou que le débiteur est susceptible de soulever une contestation sérieuse.

La spécificité du prêt entre particuliers : la présomption de remise des fonds

Lorsque le prêt est consenti entre particuliers, la reconnaissance de dette bénéficie d’un avantage probatoire notable pour le créancier. En effet, le prêt entre particuliers demeure un contrat réel, ce qui suppose en principe de prouver la remise effective des fonds à l’emprunteur.

La Cour de cassation a toutefois jugé qu’en cette matière, la reconnaissance de dette fait présumer la remise des fonds (Cass. 1re civ., 30 octobre 2008, n° 07-12.638). Autrement dit, le créancier muni d’une reconnaissance de dette régulière n’a pas à démontrer qu’il a effectivement versé la somme prêtée : c’est au signataire de l’acte qui conteste avoir reçu les fonds d’en rapporter la preuve (Cass. 1re civ., 14 janvier 2010, n° 08-18.581).

Une fois le titre exécutoire obtenu : le recouvrement forcé

Qu’il s’agisse d’une ordonnance d’injonction de payer devenue exécutoire ou d’un jugement de condamnation, le créancier dispose désormais d’un titre exécutoire lui permettant de recourir, si le débiteur persiste à ne pas payer, aux voies d’exécution forcée : saisie sur compte bancaire, saisie sur rémunération ou saisie-vente selon le patrimoine identifié du débiteur.

Ces mesures sont mises en œuvre par un commissaire de justice. Notre page dédiée aux voies d’exécution détaille les différentes procédures de saisie disponibles et leurs conditions de mise en œuvre.

Ce qu’il faut retenir

Une reconnaissance de dette non remboursée n’est jamais une situation sans issue, mais elle requiert méthode et réactivité pour obtenir son exécution.

Chaque situation présente ses particularités, notamment lorsque la reconnaissance de dette comporte des irrégularités et qu’elle dégénère en commencement de preuve par écrit au sens de l’article 1362 du Code civil. Un accompagnement par un avocat expérimenté permet de sécuriser chaque étape, de déterminer la procédure la plus adaptée et d’optimiser les chances de recouvrement.

Maître Benjamin Ferrier, avocat en droit bancaire et recouvrement à Nice, vous accompagne dans l’analyse de votre reconnaissance de dette et le choix de la procédure la plus efficace.

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Questions fréquentes

La reconnaissance de dette doit-elle obligatoirement être enregistrée aux impôts pour être valable ?
Non, l’enregistrement fiscal n’est pas une condition de validité de l’acte. Il permet en revanche de lui donner une date certaine opposable aux tiers, ce qui peut s’avérer utile en cas de contestation ou de procédure collective du débiteur.

Peut-on agir sur une reconnaissance de dette verbale ?
Au-delà de 1 500 euros, la preuve d’une créance civile doit en principe être rapportée par écrit. Une dette verbale reste toutefois susceptible d’être établie par tout moyen dès lors qu’il existe un commencement de preuve par écrit (échanges de mails, SMS, virements) corroboré par d’autres éléments.

Le débiteur peut-il invoquer le remboursement partiel de la dette ?
Oui, mais c’est à lui d’en rapporter la preuve, par exemple par des relevés bancaires ou des reçus. À défaut de preuve du paiement, la dette reste intégralement exigible.

Vous n’avez pas encore rédigé de reconnaissance de dette et souhaitez sécuriser votre prêt en amont ? Consultez notre article sur les mentions obligatoires d’une reconnaissance de dette.